Développeurs africains: Gameroon Part II – Le Comment.

Apres avoir explore les raisons qui ont poussées Yannick Sabze à poursuivre son rêve de créer des jeux vidéos : Le pourquoi. Dans cet article nous allons passer à la deuxième étape : le comment.

L’objectif de cet article et de ma démarche en général, c’est de comprendre comment se crée un jeu vidéo et après de comprendre pourquoi le jeux vidéo africain reste toujours très marginal malgré l’arrivée d’internet, d’une multitude d’autres technologies plus l’arrivée sur le marche mondial de professionnels africains capable de développer des jeux-vidéos. Je voudrais partager ce processus avec ceux qui aimeraient à leur tour développer les jeux vidéos.

Il ne s’agit pas de de chercher des “succes stories” mais de parcourir le processus, le vécu et comprendre les difficultés rencontrées pour capitaliser dessus.

GamethSense(GS) : Quel est le processus pour développer un jeu vidéo ?

Yannick Sabze (YS): Trois phases principales commandent le développement d’un jeu vidéo: la pré-production, la production et la post-production. La pré-production permet de définir le concept, l’écriture du scénario, le design des mécaniques de jeu, la réalisation de documents de game design, la planification du projet (budget, équipe, planning) et souvent la création d’un prototype. La production est l’étape de développement effectif du jeu : programmation, modélisation 3D ou 2D, animations, intégration du son, création des niveaux, UI/UX (interface utilisateur et expérience utilisateur) et tests internes. Enfin, la post-production inclut les phases de debug, de test qualité (QA), l’optimisation, la localisation, la préparation marketing (bande-annonce, démos), la publication sur les plateformes, et les mises à jour ou correctifs post-lancement (encore appelé patches), voire des DLC si prévus.
 

GS: Quels sont les outils nécessaires pour développer un jeu ?

YS : Nous avons essentiellement besoin d’un Game Engine (logiciel de développement de jeu vidéo) parmi lesquels on compte les célèbres Unreal Engine, Unity, GameMaker Studio 2, Godot, Phase, Construct. Pour la création et l’animation d’assets 3D on a très souvent recours à Blender ou Autodesk 3ds Max. La clé est d’avoir des professionnels du développement dans son équipe pour produire des jeux vidéo qualitatifs.

GS : Est ce que tu peux donner un exemple d’utilisation de ces outils dans le développement de tes jeu?

YS : Le premier jeu vidéo que j’ai développé est un breakout intitulé Akan.

Gameplay Trailer 2016

Il est d’ailleurs le premier jeu vidéo officiel sorti au Cameroun. Je l’ai développé sur Gamemaker Studio, combinant du drag and drop et le GML, langage propriétaire de ce game engine (logiciel de développement) pour ce qui est de l’aspect programmation. J’ai créé certains assets graphiques grâce à Core Design, composé la musique des stages des boss grâce à Mixcraft 7. D’autres assets ont été soit achetés, soit récupérés gratuitement sur des sites spécialisés. Je me suis fait la main en développant ce jeu dont la mécanique de jeu sert très souvent de tutoriel de base pour certains logiciels de développement. J’y ai ajouté une histoire et des bosses pour ajouter une touche originale à ce type, ce qui de mémoire n’avait jamais été fait. Grâce à Gamemaker Studio 1 puis après le 2, j’ai développé d’autres jeux notamment un match 3 intitulé Glow Glow, un runner intitulé CMR2018, un mini-jeu d’action intitulé Attrape le Way dont le personnage principal est Cool Black, acteur Camerounais de cinéma adulé dans le monde entier.

Je suis passé à la phase suivante de mes projets et cette étape est marquée par le changement du game engine que j’ai commencé à utiliser pour le développement. Ainsi, Access Code qui est le nom de code du projet est en phase de post-production et son prototype est en train d’être développé sur Unity. Bien évidemment il m’a fallu un temps d’apprentissage de ce nouveau moteur qui a été passé sur de multiples tutoriels en ligne couronné par l’obtention du certificat Unity Junior Programmer décerné par Unity. Je ne peux pas encore dire grand-chose au sujet d’Access Code car son gameplay (mécanique de jeu) est totalement inédit, contrairement aux premiers jeux que j’ai développés dont les mécaniques de jeu ont déjà été adaptées à toutes les sauces. En exclusivité pour The GamethSense je peux quand même donner une maquette représentative des éléments du gameplay.

GS :Merci pour l’avant première ! J’ai hâte de voir ce projet prendre vie. Cette ébauche est devenu un engagement de ta part de nous livrer quelque chose qui va devenir aussi populaire sinon plus que Tetris en son temps. Je te remercie aussi de partager un élément important qui es le processus créatif. Je suis toujours curieux de savoir ce qui se passe dans l’imagination des créateurs de jeux. Comment le papier ou autre média prend vie sur un écran? Le fait d’avoir été un pionnier du jeu au Cameroun est vraiment admirable. Il s’agit maintenant de passer à la prochaine étape.

Fin de La Partie II

Je remercie avant tout Yannick d’avoir partage son expérience et je souhaite qu’il puisse continuer d’améliorer de ses jeux et aboutir à la formule qui lui permettra de gagner en popularité et faire exploser son talent de narrateur, pour nous donner ces jeux que les africains attendent qui vont faire ressortir leur culture, leur réalités et leur légendes .

De manière générale, nous avons un aperçu des grandes étapes et des outils de développement d’un jeu-vidéo. Il y a des outils qui sont disponibles pour le développement, le graphisme, la musique. Apres les outils il faut les compétences qu’il faut soit acquérir soit recruter une/des personnes qualifiées pour donner vie à votre vision. Tout cela demande des moyens, des efforts, des équipements, du temps et bien sur comme toujours de l’argent.

Nous connaissons les motivations et nous savons comment faire un jeu vidéo, et après ? et alors ? chez les anglo-saxons ils disent ” and so what ?” Ce dernier volet nous fera explorer les difficultés rencontrées par Yannick et Gameroon dans le contexte africain en général et camerounais en particulier. Il nous permettra aussi d’explorer les avenues possible pour faire face à ces défis et nous rapprocher de émergence du jeu-vidéo africain.

Responses

  1. game22victory Avatar

    Bravo à ce créateur Camerounais qui continue de croire en ces rêves.

    Merci beaucoup pour ce bel article qui nous prouve bien que le mot “Jeu ” n’est pas synonyme de “Facilité !.

    courage à notre pionnier dans ce domaine. J’ai nommé ici Mr Yannick Sabze.

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  2. Développeurs africains: Gameroon Part III – L’après – The Game(th) Sense Avatar

    […] I – Le Pourquoi), quels sont les outils qu’il a utilisés pour réaliser ses jeux (Partie II – Le Comment), nous arrivons à la dernière partie: L’après. Quel avenir pour Gameroon et que pouvons nous […]

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